Les données du Bureau central des statistiques (CBS) pour le premier trimestre 2026 indiquent une baisse marquée de près de 15 % des mises en chantier, avec seulement environ 18 900 logements. Ce chiffre signale une réduction de l'offre dans les années à venir et affecte directement le pouvoir de négociation des acheteurs.
En bref
- Les mises en chantier ont baissé d'environ 15 % au premier trimestre 2026, à environ 18 900 logements seulement.
- Cette baisse réduira l'offre de logements neufs en 2028-2029.
- Aujourd'hui, le stock d'appartements invendus offre à l'acheteur une marge de négociation face au promoteur.
- Si les mises en chantier continuent de baisser, cette fenêtre de négociation pourrait se réduire.
Les données du Bureau central des statistiques (CBS) pour janvier-mars 2026 montrent que la construction d'environ 18 900 nouveaux logements a débuté au premier trimestre de l'année, une baisse d'environ 14,7 % par rapport au trimestre correspondant de l'année précédente. Il s'agit de la poursuite d'une tendance qui se maintient déjà depuis plusieurs trimestres, et non d'un événement ponctuel.
Ce qui explique la baisse
Les mises en chantier sont l'un des indicateurs les plus précoces pour estimer l'offre future sur le marché du logement. Lorsque les promoteurs démarrent moins de projets, l'effet concret se fait sentir avec un décalage de deux à quatre ans, soit la durée moyenne de construction. La baisse du premier trimestre 2026 suggère donc que l'offre de logements neufs devant être achevés en 2028-2029 devrait être inférieure aux prévisions antérieures.
Les facteurs à l'origine de ce ralentissement des mises en chantier ne sont pas nouveaux : coûts de financement élevés pour les promoteurs, incertitude de la demande, et retards dans l'obtention des permis et des autorisations de planification. Lorsqu'un promoteur a du mal à estimer le rythme des ventes, la tendance naturelle est de reporter l'ouverture du prochain projet.
Deux forces opposées, un seul résultat pour l'acheteur
La situation actuelle place les acheteurs d'un appartement neuf face à deux tendances qui évoluent en sens opposés. D'un côté, comme le montrent les données du CBS sur les projets d'achat, le taux de personnes prévoyant d'acheter un appartement est aujourd'hui inférieur à la moyenne historique, ce qui laisse de nombreux appartements sur le marché et affaiblit la pression sur les prix à court terme. De l'autre, une baisse continue des mises en chantier réduira l'offre dans les années à venir et pourrait ramener une pression à la hausse sur les prix dès que la demande se redressera.
Ce que cela signifie pour l'acheteur d'un appartement neuf
Sur le plan pratique, ce chiffre est particulièrement pertinent pour quiconque envisage d'entrer sur le marché dans l'année à venir. Tant que le stock d'appartements invendus reste relativement élevé, l'acheteur dispose d'une marge de négociation face au promoteur, que ce soit sous forme de remise sur le prix, de conditions de paiement plus flexibles, ou d'améliorations du cahier des charges. Cette fenêtre n'est pas ouverte indéfiniment : si le rythme des mises en chantier continue de baisser tandis que la demande se redresse, les conditions de négociation évolueront en faveur du promoteur.
En outre, les acheteurs qui prévoient d'acheter un appartement dans un projet dont la construction n'a pas encore débuté doivent prêter attention au rythme d'avancement des permis pour le projet spécifique. Dans un environnement où les promoteurs ralentissent l'ouverture de nouveaux chantiers, les délais d'achèvement pourraient s'allonger.
Ce chiffre ne constitue pas une alarme en soi, mais il rappelle que le marché fonctionne par cycles et que l'offre de logements de 2028 se construit, ou ne se construit pas, dès aujourd'hui.




